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Les fusillés
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Rouillé

Le camp de Rouillé ouvert le 6 septembre 1941 entre dans le système de répression développé par les nazis, avec l’aide de Vichy (Châteaubriant, Nantes, Souges) pour tenter de briser la Résistance et de l’isoler de la population. Répression féroce des otages, prélevés, dans les camps d’internement.

Fernand DEVAUX, arrêté en 1940-Interné Aincourt, Rouillé et déporté à Auschwitz en 1942 dans le convoi des 45 000 arrivé d’Aincourt à l’ouverture du camp de Rouillé, témoigne, à propos des fusillés :


« C’est la chose la plus atroce que j’ai vécue dans les camps d’internement.

Quel choc nous avons reçu lorsque nous avons appris la fusillade de Châteaubriant.
Tous ces camarades que l’on connaissait bien, avec qui nous avions discuté, joué aux échecs, au ping-pong : POULMARC’H, MICHELS, TENINE, GRANDEL.

C’est vrai que ces exécutions ont entraîné des discussions entre nous sur la lutte armée engagée par le parti. Ce n’est pas très agréable de se sentir otage, mais l’immense majorité savait que le combat engagé était juste et que, bien qu’étant dans des conditions particulières, nous nous considérions faisant partie de la même armée de combattants.

Dix camarades de Rouillé ont été fusillés avant mon départ pour Compiègne le 22 mai 1942.

Le 7 mars 1942 :
- HUART Gaston 23 ans,
- JURQUET Roger, 22 ans,
- MARTIN Roland 20 ans.

J’ai accompagné JURQUET, portant sa valise jusque dans le bureau d’entrée, là où les soldats de la Wermacht les attendaient. Le camion était devant la porte, on y voyait les trois cercueils. Je me suis fait éjecter du bureau lorsqu’ils comprirent que je ne faisais pas partie du nombre. Je retournais vers les baraques.

Les camarades se sont rassemblés devant les barbelés, tous avaient compris. C’est le cœur serré que nous les avons vus monter dans le camion et que nous avons chanté la Marseillaise.

Le 30 avril 1942 nous serons consignés dans les baraques lorsqu’ils viennent chercher 6 autres camarades :
- BREANT Fernand, 31 ans,
- DESJARDIN Pierre, 30 ans,
- FRANCOIS René,
- GRIMBAUM Bernard 21 ans,
- PENTIER Isidore, 21 ans,
- WESLAND Maurice, 28 ans.
Ils étaient tous militants communistes.

GRIMBAUM avait été arrêté en décembre 1940 au cours d’une distribution de tracts, condamné à 3 mois de prison, il sera transféré à Aincourt.

Et puis un autre camarade GIRAUDON André, de Bourges, âgé de 21 ans, était jeune marié. Nous étions dans le même groupe. Des liens fraternels nous unissaient. Ils sont venus le chercher le 9 mai 1942.

Son départ, seul semblait peu ordinaire, mais il a tout de suite pensé qu’il allait être fusillé. Il avait raison. Lorsque je suis arrivé à Compiègne, le 22 mai, j’ai appris qu’il avait été fusillé. Comme je lui avais promis, j’ai écrit à sa femme :
Le sort a voulu que je revienne d’Auschwitz. Quelques semaines après mon retour, elle est venue me voir.

Après ces évènements tragiques, c’est le départ de Rouillé :
le 22 mai 1942, 138 internés prennent le chemin de Compiègne.

A quelques exceptions près, ils seront déportés le 6 juillet 1942 à Auschwitz, convoi des « 45 000 ».
80 % ne reviendront pas.

(Le nom des « 45 000 » tient à ce qu’à Auschwitz les 2000 déportés de ce convoi se virent attribuer des matricules commençant par 45 ...)


Source : « Les barbelés de Vichy », le camp de Rouillé, réserve d’otages...
Plaquette éditée par l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé mai 1944


 
 
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